


La familles des bambous géants englobe plusieurs variétés, dont l'une des plus connues et le Phyllostachys edulis aussi appelé bambou Moso. Ce modèle de culture du bambou, originaire de Chine, est souvent présenté comme une culture à très fort potentiel économique, et attire en France de nombreux agriculteurs et investisseurs en quête de diversification.
Mais le bambou géant est-il réellement rentable en France ?
Quel rendement espérer par hectare ?
Et existe-t-il une alternative plus sécurisée ?
Cet article analyse le potentiel du bambou géant Moso face au modèle de culture du bambou moyen développé par Horizom.

Oui, le Moso peut être cultivé dans plusieurs régions françaises sous conditions :
Phyllostachys Edulis est l’une des variétés de bambou les plus exigeante à faire pousser. Si le choix de la parcelle n’est pas bon, le développement sera très décevant et la plantation plafonnera et n’atteindra jamais des diamètres importants.
Une parcelle de bambou Moso va produire, selon le choix de l’agriculteur, uniquement des pousses, uniquement du bois, ou les deux à la fois.
La première récolte de pousses intervient à partir de la sixième année. La bambousaie atteint sa pleine production lorsqu’elle arrive à maturité, soit vers la 12ème année.
Pour une variété donnée, la période de récolte - correspondant à l’émergence des pousses - dure environ vingt jours. Selon la variété et les conditions climatiques, elle peut commencer entre mars et mai.
La récolte s’effectue de manière comparable à celle des asperges : les pousses émergent quotidiennement et peuvent grandir de plusieurs dizaines de centimètres par jour. Au-delà d’une certaine taille (entre 15 et 30 cm selon les variétés), elles ne sont plus récoltables. Il est donc nécessaire de passer chaque jour durant cette période afin de ne pas manquer le bon stade de coupe.
C'est donc un modèle qui s'apparente à du maraîchage, qui nécessite une main d'oeuvre saisonnière importante. Les pousses sont un produit frais, après récolte elles peuvent être stockées 1 mois en chambre froide, et doivent être transformées rapidement.

Il faut environ quatre ans avant de pouvoir récolter un chaume, le temps que le bois atteigne ses propriétés mécaniques optimales. La première coupe intervient la septième année (il s'agit donc des bambous sortis en 3ème année). La bambousaie atteignant sa maturité vers 12 ans, sa pleine capacité de production de bois est atteinte autour de la 16ème année.
Une bambousaie mature compte généralement cinq générations de chaumes (de 1 à 5 ans). Chaque année, on récolte les chaumes âgés de cinq ans, soit environ 20 % du peuplement, remplacés au printemps suivant par de nouvelles pousses qui seront exploitables cinq ans plus tard.
La récolte s’effectue de novembre à février. Les chaumes à couper sont identifiés dès leur sortie par un marquage couleur, ce qui permet de reconnaître facilement chaque génération. La coupe et le débardage se réalisent manuellement.
Les chaumes sont fendus, puis les lamelles sont rabotées et encollées pour fabriquer des lamellé-collés utilisés en parquet, mobilier, bardage.
À l'heure actuelle il n'existe aucun industriel en France capable d'effectuer cette transformation. L’agriculteur doit donc développer lui-même son débouché.


Il est très difficile d’estimer un chiffre d’affaire sur une plantation de bambou géant produisant des pousses et/ou des chaumes, car il n’existe pas de filière de valorisation structurée en France. Il n’y a donc pas de prix de marché connu.
Source : W. Liese et M. Köhl, Éd., Bamboo: The Plant and its Uses, vol. 10. in Tropical Forestry, vol. 10. Cham: Springer International Publishing, 2015. doi: 10.1007/978-3-319-14133-6.
Les variétés de bambous moyens sont nombreuses et permettent de s’adapter à davantage de types de sol. Ce sont aussi généralement des variétés plus rustiques, moins exigeantes que le bambou Moso.

Le modèle de culture du bambou moyen a pour objectif de produire de la biomasse sous forme de plaquettes de bambou.


Cette matière est très proche de la plaquette forestière, et peut donc être valorisée sur les mêmes marchés :

Contrairement au Moso, le modèle bambou moyen s’intègre dans des filières industrielles déjà opérationnelles en France. La plaquette de bambou étant valorisée de la même manière que la plaquette bois, il existe un prix de marché.
La première récolte est faite en année 5, puis augmentation des rendements jusqu’à la maturité à 8 ans. À partir de la 8 ème année, une bambousaie produit 30 tonnes de matière sèche par hectare chaque année, sous forme de plaquettes.
Valorisées à 150 €/tMS, cela génère un revenu de 4500 €/ha/an.
Voir la rentabilité et le flux de trésorerie du bambou moyen.

Le modèle bambou moyen présente de nombreux avantages par rapport au modèle bambou géant :
Le culture du bambou Moso peut convenir :
Pour des agriculteurs recherchant :
Le bambou moyen sera pour vous le modèle le plus adapté.