Horizom culture durable
3 min
21/1/2026

Pourquoi la culture du bambou attire de plus en plus les agriculteurs ?

Écrit par :
Caroline Hamel Baulain
Responsable Communication

Sommaire

Un double constat de départ : crise agricole et demande industrielle croissante
Une culture adaptée aux nouvelles attentes des agriculteurs
Culture du bambou vs grandes cultures : aspects économiques
Une culture pérenne aux avantages agronomiques majeurs

Un double constat de départ : crise agricole et demande industrielle croissante

Face à la baisse de rentabilité des grandes cultures, à la charge de travail croissante et à l’instabilité des marchés agricoles, de nombreux exploitants cherchent aujourd’hui des cultures de diversification crédibles. La culture du bambou, encore marginale il y a quelques années, apparaît désormais comme une réponse innovante à ces défis économiques, agronomiques et humains.

Côté agriculteurs, deux problématiques majeures se cumulent. D’une part, une charge de travail très élevée : dans bien des cas, un agriculteur assume l’équivalent d’un à deux temps pleins. D’autre part, une érosion continue de la rentabilité des productions agricoles depuis quinze à vingt ans, notamment en grandes cultures.

Parallèlement, côté industriel, la demande en biomasse augmente considérablement. Les industriels sont aujourd’hui en forte concurrence pour sécuriser leurs approvisionnements, allant toujours plus loin géographiquement et acceptant de payer plus cher pour garantir leurs volumes. Dans ce contexte, le bambou apparaît comme une culture capable de faire le lien entre ces deux mondes : une solution agricole rentable et une ressource industrielle stratégique.

Une culture adaptée aux nouvelles attentes des agriculteurs

Si le bambou séduit, c’est d’abord parce qu’il répond très concrètement aux attentes actuelles des exploitants. Les agriculteurs recherchent désormais des cultures capables de stabiliser leurs revenus sur le long terme, sans dépendre de marchés ultra-volatils. Le bambou s’inscrit précisément dans cette logique, avec des débouchés locaux, une demande structurellement forte et des prix peu soumis aux variations des marchés mondiaux.

Autre critère déterminant : la résilience climatique. Le bambou est capable de supporter des épisodes de vents violents, des épisodes de grêle ou de gel, des excès d'eau ou des sécheresses estivales. Enfin, il répond à une exigence de plus en plus centrale : le temps de travail. Entièrement mécanisée, la culture du bambou nécessite seulement 3 à 5 heures de travail par hectare et par an, un chiffre sans commune mesure avec les cultures annuelles classiques.

Culture du bambou vs grandes cultures : aspects économiques

D’un point de vue économique, le bambou se distingue nettement des grandes cultures. Certes, l’investissement initial est plus élevé : il faut acheter des plants, plus coûteux que des semences classiques. Là où la grande culture génère des flux de trésorerie rapides (environ 9 à 10 mois entre le semis et la récolte), le bambou s’inscrit dans une logique de long terme. La pleine productivité n’est atteinte qu’au bout de 8 ans, mais cet investissement est ensuite amorti sur plusieurs décennies. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : quand les grandes cultures dégagent, les bonnes années, 350 à 450 € de résultat par hectare, le bambou peut atteindre environ 4 500 € en moyenne par hectare et par an de chiffre d’affaire, sur des horizons de long terme. Une rentabilité plus stable, non exposée aux fluctuations de marché, et appelée à croître avec l’augmentation de la demande en biomasse.

Une culture pérenne aux avantages agronomiques majeurs

Sur le plan agronomique, la différence entre bambou agricole et grandes cultures est fondamentale : le bambou est une plante pérenne. Les premières années sont cruciales. La réussite de la plantation repose sur une préparation soignée du sol, des apports en matière organique adaptés et une attention particulière portée à l’installation du couvert végétal.

Mais une fois cette phase passée, le modèle change radicalement. Après la première ou la deuxième année, il n’y a plus de travail du sol, plus de passage mécanique dans la bambousaie hormis pour la récolte, et aucun recours aux produits phytosanitaires. L’itinéraire technique devient simple, mais reste exigeant : il ne s’agit pas de ne rien faire, mais de bien faire, au bon moment.

Autre avantage majeur : aucun investissement matériel spécifique n’est requis. La seule opération particulière est la récolte, entièrement sous-traitée, ce qui évite toute surcharge en matériel et en charges de structure.