


Face à la baisse de rentabilité des grandes cultures, à la charge de travail croissante et à l’instabilité des marchés agricoles, de nombreux exploitants cherchent aujourd’hui des cultures de diversification crédibles. La culture du bambou, encore marginale il y a quelques années, apparaît désormais comme une réponse innovante à ces défis économiques, agronomiques et humains.
Côté agriculteurs, deux problématiques majeures se cumulent. D’une part, une charge de travail très élevée : dans bien des cas, un agriculteur assume l’équivalent d’un à deux temps pleins. D’autre part, une érosion continue de la rentabilité des productions agricoles depuis quinze à vingt ans, notamment en grandes cultures.
Parallèlement, côté industriel, la demande en biomasse augmente considérablement. Les industriels sont aujourd’hui en forte concurrence pour sécuriser leurs approvisionnements, allant toujours plus loin géographiquement et acceptant de payer plus cher pour garantir leurs volumes. Dans ce contexte, le bambou apparaît comme une culture capable de faire le lien entre ces deux mondes : une solution agricole rentable et une ressource industrielle stratégique.
Si le bambou séduit, c’est d’abord parce qu’il répond très concrètement aux attentes actuelles des exploitants. Les agriculteurs recherchent désormais des cultures capables de stabiliser leurs revenus sur le long terme, sans dépendre de marchés ultra-volatils. Le bambou s’inscrit précisément dans cette logique, avec des débouchés locaux, une demande structurellement forte et des prix peu soumis aux variations des marchés mondiaux.
Autre critère déterminant : la résilience climatique. Le bambou est capable de supporter des épisodes de vents violents, des épisodes de grêle ou de gel, des excès d'eau ou des sécheresses estivales. Enfin, il répond à une exigence de plus en plus centrale : le temps de travail. Entièrement mécanisée, la culture du bambou nécessite seulement 3 à 5 heures de travail par hectare et par an, un chiffre sans commune mesure avec les cultures annuelles classiques.
D’un point de vue économique, le bambou se distingue nettement des grandes cultures. Certes, l’investissement initial est plus élevé : il faut acheter des plants, plus coûteux que des semences classiques. Là où la grande culture génère des flux de trésorerie rapides (environ 9 à 10 mois entre le semis et la récolte), le bambou s’inscrit dans une logique de long terme. La pleine productivité n’est atteinte qu’au bout de 8 ans, mais cet investissement est ensuite amorti sur plusieurs décennies. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : quand les grandes cultures dégagent, les bonnes années, 350 à 450 € de résultat par hectare, le bambou peut atteindre environ 4 500 € en moyenne par hectare et par an de chiffre d’affaire, sur des horizons de long terme. Une rentabilité plus stable, non exposée aux fluctuations de marché, et appelée à croître avec l’augmentation de la demande en biomasse.
Sur le plan agronomique, la différence entre bambou agricole et grandes cultures est fondamentale : le bambou est une plante pérenne. Les premières années sont cruciales. La réussite de la plantation repose sur une préparation soignée du sol, des apports en matière organique adaptés et une attention particulière portée à l’installation du couvert végétal.
Mais une fois cette phase passée, le modèle change radicalement. Après la première ou la deuxième année, il n’y a plus de travail du sol, plus de passage mécanique dans la bambousaie hormis pour la récolte, et aucun recours aux produits phytosanitaires. L’itinéraire technique devient simple, mais reste exigeant : il ne s’agit pas de ne rien faire, mais de bien faire, au bon moment.
Autre avantage majeur : aucun investissement matériel spécifique n’est requis. La seule opération particulière est la récolte, entièrement sous-traitée, ce qui évite toute surcharge en matériel et en charges de structure.
Au-delà de la culture elle-même, c’est aussi le modèle économique de la filière bambou qui fait la différence. Contrairement aux grandes cultures, où les agriculteurs subissent la volatilité des prix sans aucune garantie, planter du bambou avec Horizom offre une approche différente : prix minimum garantis, contrats de rachat sur 20 ans, et indexation de la rémunération des agriculteurs sur la performance commerciale.
Dans ce modèle, notre entreprise joue le rôle de chef d’orchestre : nous développons les partenariats avec des industriels pour racheter la biomasse, nous valorisons le carbone séquestré et nous partageons la valeur avec les producteurs sur la base d’une commission fixe. Si la biomasse est bien vendue, tout le monde y gagne. Une logique de partenariat gagnant-gagnant, pensée sur le long terme, qui tranche avec le sentiment d’isolement et de manque de transparence ressenti par de nombreux agriculteurs aujourd’hui.
Horizom sélectionne plusieurs variétés de bambous moyens adaptées à la production de biomasse, aux sols de l’agriculteur et au climat.
Avant tout partenariat entre Horizom et l’agriculteur, une étude pédoclimatique de la parcelle est systématiquement réalisée. Si les résultats confirment la faisabilité du projet de plantation de bambou, la parcelle est ensuite préparée : le sol est travaillé et enrichi en matière organique afin de créer un environnement optimal pour le développement des jeunes plants.
Les besoins en eau sont importants au printemps, lors de la sortie des pousses, une phase clé du développement des bambous (voir notre article sur la consommation d’eau du bambou pour plus de détails).
La récolte intervient généralement à partir de la 5ᵉ année, quand la parcelle est entièrement recouverte de bambous.
En régime de croisière, selon la zone géographique, le rendement se situe entre 27 et 30 tMS/ha/an, offrant une production stable et durable sur le long terme.
La durée de vie d’une bambousaie agricole n’est pas fixe : elle peut correspondre à la durée d’un contrat de filière, souvent 20 ans, ou s’étendre sur toute la vie de la plantation. Certaines bambousaies atteignent d’ailleurs 150 ans et plus tout en produisant.
🎥 Avant de vous lancer, découvrez en vidéo les différences clés entre culture du bambou et grandes cultures.