


Toutes les plantes ont besoin d’eau pour pousser. Via la photosynthèse, elles utilisent l’eau et la lumière pour produire de la matière végétale. Même si le bambou est particulièrement efficace à ce jeu là, il ne fait pas de miracles pour autant : sa production est directement corrélée à l’eau qu’il peut absorber. Ainsi, poser la question des besoins en eau du bambou, c’est d’abord poser la question du rendement que l’on attend, et donc de la rentabilité espérée.
Dans les régions où nous plantons du bambou, l’irrigation n’est pas indispensable pour le faire pousser. Ces régions présentent des pluviométries naturelles supérieures à 750 mm/an, ce qui est suffisant pour qu’une bambousaie se développe. On voit d’ailleurs de très beaux bambous partout en France, poussant sans irrigation.
Cependant, le rendement est directement corrélé à la quantité d’eau disponible. Il ne s’agit pas de savoir si le bambou pousse sans irrigation, mais quel rendement doit-être atteint pour que l’agriculteur gagne sa vie, et est-ce que se rendement peut-être atteint sans irrigation ?
Pour générer un revenu net de 2500 €/ha/an pour l’agriculteur, il faut produire environ 30 tMS/ha chaque année. Ce rendement n’est pas atteignable sans un minimum d’irrigation.
Mais cet objectif est basé sur les prix actuels de la biomasse, avec une approche conservatrice, or un agriculteur qui plante aujourd’hui commencera à récolter dans 5 ans, puis chaque année pendant 20 ans.
Si les prix de la biomasse continuent d’augmenter, des rendements plus faibles pourraient tout à fait être acceptables à l’avenir sur le plan économique. Si le prix de la biomasse augmente par exemple de 30 %, alors le rendement pourrait baisser de 30 % tout en maintenant un revenu identique.
Il est très difficile de donner un chiffre unique valable pour toutes les situations, car les besoins en eau d’une culture peuvent être très variables selon la localisation de la plantation, la nature du sol, et la période donnée :
Nous demandons à nos agriculteurs de sécuriser 1500 m3/ha/an pour leur bambousaie, soit un équivalent 150 mm de pluie. Cela ne veut pas dire que nous utiliserons la totalité de cette quantité chaque année sur tous nos projets. Mais cela nous permet d’assurer le rendement cible, et d’éviter une trop grande variabilité d’une année sur l’autre.
Par ailleurs, une parcelle de bambou évolue naturellement dans le temps vers plus de résilience vis à vis de la sécheresse : augmentation de capacité d’infiltration et de rétention en eau du sol et couverture végétale permanente limitant l’évaporation.
Sécuriser 1500 m3/ha et disposer d’un système d’irrigation est essentiel pour plusieurs raisons :
Poser la question de l’impact environnemental de l’irrigation nécessite de situer chaque projet de plantation dans son contexte.
Nous utilisons uniquement des systèmes d’irrigation par goutte à goutte pilotés par sondes capacitives, qui sont les plus économes, et nous ne développons aucun projet sur des terres non-irriguées. La plantation de bambou n’entraîne donc pas de consommation d’eau supplémentaire, puisque nous irriguons dans la limite des droits d’eau accordés préalablement. Par ailleurs, les besoins de 1500 m3/ha/an restent faibles comparativement à d’autres cultures.
Sur le plan agronomique, nous conseillons les agriculteurs de manière à maximiser l’usage des précipitations naturelles : apports de MO, couverture permanente du sol, sous-solage, etc.