Horizom culture durable
3 min
29/5/2026

Plantation de bambou : quel rendement par hectare ?

Écrit par :
Dimitri Guyot
Co-Fondateur et Directeur Technique

Sommaire

Rendement du bambou : que disent les études scientifiques ?
Plantation de bambou et climat français : compatibles ?
Comparaison avec des cultures voisines en Europe
Rendement bambou en France : ce que nos essais confirment
Plantation de bambou et biomasse : les chiffres clés pour votre exploitation

Rendement du bambou : que disent les études scientifiques ?

En conditions optimales en France, une bambousaie bien conduite produit environ 30 tonnes de matière sèche par hectare et par an. Ce chiffre est documenté par des études scientifiques indépendantes, confirmé par des cultures comparables en Europe, et désormais mesuré directement sur nos propres parcelles d'essai dans les Landes. Voici d'où vient ce rendement, comment il se vérifie, et ce qu'il représente concrètement pour votre exploitation.

Bambou : que nous apprennent les études chinoises sur les tonnes de matière sèche par hectare et par an ?

Plusieurs études indépendantes menées en Chine - où le bambou est cultivé à grande échelle depuis des siècles - convergent vers une fourchette de 15 à 30 tonnes de matière sèche par hectare et par an pour les bambous géants, avec 30 tonnes de matière sèche par hectare et par an pour les bambous moyens que nous cultivons.

Tableau rendement bambou géant et moyen en Chine - sans irrigation et fertilisation

Ces chiffres sont à considérer comme des estimations basses, pour deux raisons. D'abord, beaucoup de ces études portent sur des bambousaies forestières sans gestion agronomique optimale : pas d'irrigation, peu ou pas de fertilisation. Ensuite, les bambous géants chinois ne sont pas sélectionnés pour la biomasse - ils sont cultivés pour leurs pousses alimentaires et leur bois d'œuvre. Les bambous moyens qu'Horizom cultive, eux, présentent une densité de chaumes par hectare nettement supérieure, ce qui maximise la production de matière récoltable [6]. Contrairement à l'idée reçue, bambou géant ne rime pas avec rendement supérieur. Pour une comparaison détaillée, voir notre article sur le bambou Moso en France.

Nos propres mesures terrain dans les Landes, conduites depuis 2023, confirment ces ordres de grandeur - voire les dépassent. Nous y revenons en détail dans la section 4.

Plantation de bambou et climat français : compatibles ?

Même zone climatique que les provinces productrices de Chine

Les variétés cultivées par Horizom sont originaires des provinces chinoises du Sichuan, Hunan, Jiangxi et Zhejiang - qui concentrent l'essentiel des surfaces en bambou en Chine. Ces provinces partagent avec l'ouest de la France la même zone climatique tempérée de type "C" dans la classification de Köppen : hivers relativement doux sans froid extrême continental, précipitations bien réparties sur l'année, sans saison sèche marquée.

Les précipitations annuelles sont légèrement supérieures dans ces provinces chinoises (1 000 à 1 500 mm/an) par rapport au contexte français (700 à 1 200 mm/an). C'est précisément pourquoi nous mettons en place un apport d'irrigation complémentaire - environ 150 mm par an en goutte-à-goutte - pour maintenir les réserves hydriques du massif et sécuriser la production annuelle de turions. La gestion de l'eau est un levier agronomique central dans notre itinéraire technique ; nous avons consacré un article dédié aux besoins en eau du bambou et à notre approche de l'irrigation.

150 ans de présence en France : le témoignage des massifs existants

Le bambou n'est pas une nouveauté sur le sol français. Il y est présent depuis plus de 150 ans, et les observations que nous avons pu conduire sur des massifs matures (+20 ans) dans notre pépinière de 7 ha à Magescq, dans les Landes, confirment des développements tout à fait comparables aux bambousaies chinoises. L'adaptation climatique n'est pas une hypothèse : c'est un fait observable.

Massif de bambou mature dans les Landes

Comparaison avec des cultures voisines en Europe

Pour un agriculteur qui raisonne en termes de filière biomasse, la comparaison avec d'autres cultures lignocellulosiques est utile. Le miscanthus et l'arundo donax (canne de Provence) - deux plantes à la physiologie proche du bambou - font l'objet d'une littérature scientifique européenne solide, et leurs rendements en biomasse en France et en Europe sont bien documentés.

Comparaison de rendement avec le miscanthus et l'arundo donax, avec et sans irrigation et fertilisation

Ces résultats sont obtenus dans des conditions similaires à notre itinéraire technique - irrigation de complément estivale et apport d'azote de l'ordre de 120 unités par hectare et par an. Ils montrent que 30 tonnes de matière sèche par hectare et par an en contexte agricole européen n'a rien d'exceptionnel pour ces cultures. Le rendement d'une bambousaie bien gérée s'inscrit dans une logique agronomique déjà documentée sur le continent, avec un avantage supplémentaire : contrairement au miscanthus ou à l'arundo donax, les chaumes constituent une biomasse physiquement et chimiquement très proche du bois, ouvrant un spectre de débouchés industriels particulièrement large.

Rendement bambou en France : ce que nos essais confirment

Protocole : simulation de récolte mécanisée par bandes





Depuis 2023, nous conduisons un essai de rendement sur le massif mature de notre pépinière à Magescq, dans les Landes. Le protocole est conçu pour simuler les conditions d'une récolte mécanisée par bandes, telle qu'elle sera pratiquée chez nos agriculteurs partenaires : chaque année, une bande est récoltée intégralement. Les chaumes sont comptés, pesés, mesurés en diamètre et en hauteur. La biomasse bambou équivalente est ensuite extrapolée à l'hectare. Le massif d'essai est irrigué et fertilisé. Pour un aperçu détaillé de notre méthode de récolte et du matériel utilisé, voir notre article sur la récolte du bambou.

R&D rendement biomasse

Résultats 2024-2025 : l'hypothèse confirmée


Tableau avec résultats de nos études terrain de production de biomasse

Les résultats sont clairs : un massif bien conduit produit entre 35 et 40 tonnes de matière sèche par hectare et par an plante entière, soit environ 30 tMS/ha/an de chaumes seuls - la fraction la plus valorisable industriellement. L'effet de la fertilisation est également visible dans la progression annuelle du diamètre moyen des chaumes (de 28,9 mm en 2023 à 30,7 mm en 2025) et de la hauteur (de 6,6 m à 7,9 m sur la même période). Ces résultats confirment que l'hypothèse de rendement à 30 tMS/ha/an est tout à fait réaliste.

L'importance décisive du potentiel agronomique de départ sur la production de biomasse

Le suivi de parcelles pilotes chez plusieurs agriculteurs partenaires illustre à quel point la qualité du sol de départ est déterminante dans la dynamique de croissance d'une bambousaie. Trois saisons après plantation, les écarts de biomasse bambou sur pied peuvent être très significatifs d'une parcelle à l'autre - dans les deux sens.

Ce résultat ne fragilise pas l'hypothèse de rendement : il en précise les conditions de réalisation. Il confirme surtout l'importance de l'étude pédoclimatique approfondie réalisée en amont de chaque plantation, et de l'accompagnement agronomique assuré par Horizom tout au long des premières années. C'est précisément dans ces premières saisons, lorsque le système racinaire s'installe et que les dynamiques de croissance se mettent en place, que l'intervention régulière d'un agronome fait la différence sur le rendement à long terme du massif.

Plantation de bambou et biomasse : les chiffres clés pour votre exploitation

30 tMS/ha/an, c'est un chiffre agronomique. Traduit en économie d'exploitation, et en combinant les revenus biomasse et les certificats carbone lissés sur la durée du contrat, une bambousaie bien conduite génère en moyenne 6 300 €/ha/an de chiffre d'affaires - pour un EBE estimé à 4 000 €/ha/an après déduction des charges d'exploitation (fertilisation, irrigation, récolte, mécanisation, foncier…), estimées à 2 300 €/ha/an.

Pour situer ce chiffre dans le temps : les premières récoltes interviennent dès l'an 5, le plein régime est atteint à l'an 8, et le retour sur investissement est attendu en année 10 - pour un investissement initial d'environ 11 000 €/ha (plants, irrigation, préparation du sol, ammendement). Le tout avec seulement 5 heures de travail par hectare et par an une fois le massif établi.

Les certificats carbone constituent un levier de revenu complémentaire non négligeable : une bambousaie certifiée génère environ 7 000 €/ha sur les premières années du contrat. Pour comprendre comment fonctionne cette valorisation et ce qu'elle implique concrètement, notre article sur les crédits carbone et la démarche d'Horizom détaille le mécanisme de certification et les conditions d'éligibilité.

Le bambou ne se substitue pas aux cultures existantes : il vient en complément, sur des parcelles dédiées, pour diversifier et sécuriser le revenu de l'exploitation sur 25 ans. Pour simuler vos propres projections selon votre surface et votre contexte, rendez-vous sur notre page rentabilité.