


À Availles-Limouzine, dans la Vienne, nous portons un projet pionnier : implanter la culture du bambou pour produire de la biomasse végétale afin de répondre aux besoins nationaux mis en avant par l’ADEME, et offrir pour certains usages (matériaux, énergie), une alternative aux ressources fossiles.
Le projet est implanté sur le Domaine du Vieux Bouchet, qui s’étend sur environ 210 hectares de surface agricole utile (SAU), répartis en plusieurs parcelles. Sur cet ensemble, environ 150 hectares seront dédiés à la culture du bambou, tandis que d’autres surfaces conserveront leurs usages actuels.
Le domaine présente également une diversité paysagère avec des espaces boisés et un étang, contribuant à l’équilibre écologique du site et à la gestion de l’eau.
Notre ambition : montrer l’exemple pour construire, avec les agriculteurs locaux, une nouvelle filière agricole fondée sur la diversification des exploitations.
Car aujourd’hui, le monde agricole traverse une période de fortes incertitudes. Entre aléas climatiques, hausse des charges, volatilité des prix et pression sur les revenus, de nombreux agriculteurs cherchent des solutions pour sécuriser leur activité et préparer l’avenir. Dans ce contexte, diversifier les cultures devient un levier essentiel pour gagner en résilience.
C’est dans cette logique que s’inscrit le développement du bambou à Availles-Limouzine.
Les sols du domaine, à dominante limoneuse, présentent un taux de matière organique satisfaisant et une réserve utile favorable. Ces caractéristiques agronomiques en font des sols particulièrement adaptés à la culture du bambou, notamment dans une logique de production pérenne de biomasse agricole.
Historiquement, les terres étaient exploitées en céréales, mélanges céréales-légumineuses et prairies temporaires (implantées pour quelques années avant retour en culture).
Certaines parcelles resteront toutefois en prairie dans le cadre de dispositifs MAEC (mesures agro-environnementales et climatiques), avec des engagements spécifiques (maintien en prairie, absence de produits phytosanitaires). Ces surfaces ne seront donc pas plantées.
Plante pérenne à croissance rapide, le bambou présente plusieurs atouts agronomiques : il nécessite peu d’engrais, zéro produit phytosanitaire et peu de temps de travail. Il est également très résistant aux aléas climatiques comme les excès d'eau, le gel, ou la grêle.. Une fois implanté, il offre une production régulière de biomasse, sans besoin de replanter, ce qui en fait une culture intéressante pour stabiliser les revenus dans le temps.
Comme toute culture, le bambou présente également certaines spécificités à prendre en compte. Son implantation nécessite un investissement initial (plants, irrigation) et 4 ans d’attente avant la première récolte à 5 ans.
Par ailleurs, il s’agit encore d’une culture nouvelle en France, ce qui peut susciter des interrogations ou des réticences légitimes chez certains agriculteurs.
C’est pourquoi le développement de la filière par Horizom repose aussi sur l’accompagnement technique, le partage d’expérience et la sécurisation des débouchés.
Notre objectif n’est pas de remplacer les cultures alimentaires existantes, mais de proposer une diversification complémentaire. En intégrant le bambou sur certaines parcelles, les agriculteurs peuvent diversifier leurs sources de revenus et réduire leur dépendance à des marchés mondiaux parfois instables, notamment en cas de choc géopolitique.
Au-delà de ces bénéfices, le bambou ouvre aussi des perspectives économiques locales. La biomasse produite peut être valorisée à échelle locale, voire participer à créer de nouvelles activités sur le territoire.
Enfin, cette culture s’inscrit naturellement dans les enjeux environnementaux actuels. Le bambou capte du carbone et participe à produire une ressource renouvelable de manière annuelle pour remplacer les matériaux et énergies fossiles.
Mais ici, l’enjeu est avant tout de proposer une solution agricole viable sur le long terme, adaptée au territoire et utile à celles et ceux qui le font vivre.
En développant cette filière avec les agriculteurs d’Availles-Limouzine, nous faisons le pari d’une agriculture plus résiliente, plus diversifiée et tournée vers l’avenir.

La plantation de bambou à Availles-Limouzine se fait exclusivement sur des terres agricoles, sans empiéter sur des forêts, des prairies sensibles, ou des zones humides.
Cultivé en agroécologie, le bambou :
Pour en savoir plus sur l’impact de la culture du bambou sur la biodiversité, consultez notre article dédié.
Les espèces de bambou cultivées par Horizom ne sont pas considérées comme envahissantes par l’INPN en France métropolitaine. Présent en Europe depuis plus de 200 ans, le bambou n’a jamais envahi les paysages comme la Renouée du Japon ou le Mimosa qui sont des espèces exotiques envahissantes.
Sa propagation, de l’ordre de 1 à 2 mètres par an via les rhizomes, reste lente et parfaitement maîtrisable en contexte agricole grâce à un entretien régulier du tour de champ au gyrobroyeur. Les problèmes parfois rencontrés dans des jardins privés ne reflètent en rien la réalité d’une bambousaie cultivée et suivie professionnellement.
La notion de monoculture à l’échelle d’une parcelle agricole s’applique avant tout aux cultures annuelles, cultivées année après année sur une même parcelle. Le bambou est une culture pérenne, au même titre que la vigne, maintenue sur plusieurs décennies.
Introduire une nouvelle culture de diversification comme le bambou dans le paysage agricole permet au contraire de lutter contre :
À l’échelle nationale, Horizom a l’ambition de planter 50 000 hectares de bambou, via des projets avec des agriculteurs partenaires et d’autres projets dits “d’ancrage territorial” comme celui d’Availles-Limouzine. En tout, cela représente :
De manière générale, le bambou est implanté uniquement dans des zones où la pluviométrie annuelle est supérieure à 700 mm, avec des précipitations naturellement abondantes au printemps, période clé de sortie des nouvelles pousses, ce qui est le cas dans la Vienne, à Availles-Limouzine avec 800 mm de pluie par an.
En complément, une irrigation est prévue afin de sécuriser la production, à hauteur de 1 500 m³ / ha / an (150 mm), principalement en période estivale.
Cette irrigation s’appuie sur les ressources en eau de l’étang déjà présent sur le domaine, et utilisé auparavant sur les cultures précédentes. Aucun pompage dans la nappe ou cours d’eau n’est prévu, ni aucune augmentation des droits d’eau.

Horizom utilise des systèmes économes en eau : goutte-à-goutte piloté par données météo et sondes de sol.
Cette irrigation permet de :
Elle s’inscrit dans une approche raisonnée, adaptée aux conditions locales et aux besoins réels de la plante.
Avec le temps, les besoins diminuent naturellement grâce :
Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter notre article sur “Le bambou consomme-t-il beaucoup d’eau ? Besoins, irrigation et durabilité”
Au-delà de ses bénéfices environnementaux, la bambousaie agricole d'Availles s’inscrit dans une logique de valorisation du potentiel agricole du Domaine du Vieux Bouchet, en cohérence avec ses caractéristiques agronomiques et environnementales.
Il contribue à :
Sur le plan social, il répond à plusieurs enjeux majeurs :
Le bambou produit a vocation à être valorisé auprès d’industriels locaux, participant à la structuration d’une filière française de biomasse renouvelable. Le projet s’inscrit également en complément de démarches collectives visant à atteindre une taille critique, en associant à des agriculteurs partenaires, propriétaires de leurs exploitations agricoles du territoire pour des projets de diversification, sans acquisition de foncier.
Le bambou constitue ainsi une diversification rentable et résiliente, apportant de nouvelles perspectives économiques aux territoires ruraux.
Dans d’autres régions françaises, certains agriculteurs ont déjà fait le choix d’intégrer le bambou dans leur système de production, dans une logique de diversification. Leurs retours d’expérience contribuent à mieux comprendre les itinéraires techniques et à sécuriser le développement de la filière.
Le projet d’Availles-Limouzine se déploie de manière progressive :

Dans un contexte où la France devra produire 1,5 million de tonnes de biomasse sèche supplémentaire d’ici 2030, le bambou apparaît comme une solution stratégique pour :
À Availles-Limouzine, le bambou devient ainsi bien plus qu’une culture : un pilier d’un projet de territoire résilient, décarboné et tourné vers l’avenir.
Non. En culture agricole, le bambou est contrôlé et entretenu, ce qui empêche toute propagation incontrôlée. Les espèces cultivées ne sont pas classées comme envahissantes en France, et leur développement est facilement maîtrisable avec un suivi régulier, contrairement aux situations parfois rencontrées dans les jardins privés.
Le bambou est une plante agricole qui pousse beaucoup plus rapidement qu’un arbre : il produit de la biomasse chaque année, séquestre le carbone rapidement et peut être récolté sans replanter. Il complète les forêts, qui restent essentielles, mais dont la production est aujourd’hui fragilisée par le changement climatique.
Non. Le bambou est implanté uniquement dans des zones où la pluviométrie est suffisante pour les variétés de bambou sélectionnées. Une irrigation de sécurité en goutte-à-goutte peut être utilisée, selon la période et les besoins de la plante. Avec l’âge, la bambousaie devient plus résiliente et nécessite moins d’eau grâce au paillage naturel et à la couverture permanente du sol.
Non. Le bambou est une culture pérenne, comme la vigne. Dans ce projet, il est intégré à une exploitation diversifiée comprenant d’autres cultures et activités. Il contribue au contraire à réduire la dépendance à une seule production.
Une bambousaie commence à produire progressivement après quelques années. Son potentiel augmente avec le temps, jusqu’à atteindre un régime de croisière en 8ème année, avec des récoltes annuelles possibles dès l’année 5, et ce, pendant plusieurs décennies.
Le bambou est destiné à des usages industriels : matériaux de construction, isolants, énergie, biochimie. Il permet de remplacer des ressources fossiles ou importées par une biomasse locale et renouvelable.
Availles-Limouzine réunit des conditions favorables : sols adaptés, climat compatible, proximité de la ligne de fret ferroviaire facilitant le transport du bambou vers des débouchés industriels. Ces éléments permettent de développer un projet cohérent, ancré dans son territoire.
Une bambousaie agricole est exploitée sur une durée de référence de 25 ans, mais sa durée de vie réelle peut atteindre 60, 100 ans ou plus. En cas de changement de destination, la parcelle peut être remise en culture facilement grâce à des techniques déjà utilisées dans le monde agricole et forestier.